Vu dans la presse (Corse-Matin du 8 octobre 2019) ► À quelques semaines de la commercialisation de la bague connectée Aeklys, Jérémy NEYROU, co-créateur d’Icare Technologie, vient d’être distingué par le magazine économique Forbes, parmi les entrepreneurs de l’année. Corse Matin consacre une page à cette start-up accompagnée par l'Incubateur de Corse INIZIÀ.

Récemment sélectionné dans un groupe de trente, aux côtés notamment de Kylian Mbappé, Jérémy Neyrou est aux anges. Non, le fondateur d’Icare Technologies n’est pas retenu par Didier Deschamps pour le prochain championnat d’Europe de football. Mais l’entrepreneur insulaire vient d’être distingué par le magazine Forbes en pénétrant dans le cercle fermé de l’Under 30 Club.

Chaque année, le magazine économique de référence publie une liste de trente personnalités de moins de trente ans qui ont brillé dans leurs domaines respectifs. Au milieu d’entrepreneurs, de créateurs, d’ingénieurs et de la star du PSG, Jérémy Neyrou, 27 ans, a reçu son prix le 24 septembre dernier, dans les salons cossus du Fouquet’s, à Paris.

Le soir même, à Nice, il déambule au milieu des entrepreneurs de l’année désignés par le cabinet de conseil et de management Ernst and Young. "Au-delà de la distinction, ces événements permettent de tisser notre réseau encore plus largement", confie Jérémy Neyrou.

Aeklys by Philippe Starck

En Corse, son nom et celui de son associé, Fabien Raiola, parlent moins au grand public que l’objet de leur reconnaissance. Les deux startupers ont créé, en 2016, Icare Technologies et commercialiseront, d’ici la fin de l’année, la bague connectée Aeklys qui remplacera les clés de voiture ou la carte de crédit. "On nous demande toujours où en est notre projet. C’est vrai que nous avions annoncé une mise sur le marché l’an dernier mais entre-temps, nous avons rencontré Philippe Starck", explique Jérémy. Le designer star, conquis par l’ambition technologique des deux Corses, propose ses services. "Il est aujourd’hui le directeur artistique de la boîte. Ça valait le coup de ralentir le développement de notre produit, de le retravailler. Toute notre communication passe par lui." En trois ans, Icare Technologie a bien grandi. La société emploie aujourd’hui 25 personnes en Corse et trois à Paris, dans les bureaux de la Défense. Londres et Berlin vont suivre en 2020. Mais les fondateurs maintiennent le siège social de leur entreprise à Aiacciu. "Nous restons très attachés à la Corse et au développement économique de l’île. À notre modeste taille, nous cherchons à faire converger des fonds et les compétences qui vont venir stimuler les entreprises et l’économie insulaire. C’est un acte militant que de créer de l’activité économique en Corse et de la développer vers l’international", expliquent les associés.

L’équipe d’Icare Technologie avec, debout à gauche, le cofondateur, Fabien Raiola. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 25 personnes en Corse et 3 à Paris. Le siège est maintenu à Aiacciu.

5 millions d’euros collectés

Depuis le lancement du projet, en 2016, Jérémy Neyrou et Fabien Raiola ont rassemblé près de 5 millions d’euros, dont 3 millions de fonds privés. "En 1903, les journalistes ne cessaient de répéter qu’aucun homme ne pourrait jamais arriver à voler dans un appareil plus lourd que l’air", martèle Jérémy Neyrou, pour illustrer l’aventure un peu folle dans laquelle il s’est embarqué. Le chemin n’a pas été linéaire. Pour lancer la machine et assurer les besoins quotidiens, Jérémy enseigne la technologie au lycée de Corte et Fabien fait le maçon. Multidiplômés, les deux compères vont passer par toutes les étapes de la croissance d’une start-up. C’est l’incubateur d’entreprises innovantes Inizià qui accompagne la naissance d’Icare. Trois ans plus tard, la bague Aeklys est sur le point d’être commercialisée. Les distributeurs se préparent pour les fêtes de fin d’année.

Deux autres versions de la bague connectée sont déjà en fonction. La première, version "très haute sécurité", est utilisée par des employés de Thalès, pour la protection de données sensibles. Elle se déconnecte dès qu’elle quitte le doigt de son propriétaire. Une autre version, Aeklys origin, est destinée à l’usage interne d’entreprises comme La Poste, des banques, des parcs d’attractions ou des stades. Elle a généré un chiffre d’affaires de 100 000 euros en 2018.

La semaine dernière, Jérémy Neyrou a reçu commande d’une version princière de son bijou, que le Prince Albert de Monaco voudrait décliner à l’effigie de la Principauté. "Moi, je me sers déjà du modèle grand public que nous allons mettre sur le marché dans les semaines à venir", explique Jérémy Neyrou. Chaque matin, il démarre ainsi sa voiture, équipée d’un boîtier à l’aide de sa bague. L’heure approche, mais elle ne sonne pas l’aboutissement de l’aventure.

"Au contraire, nous continuons à lever des fonds. Nous allons être encore plus agressifs au moment de la commercialisation", promet l’entrepreneur. La spirale du succès se poursuit et personne n’en connaît les limites.


Auteur : J.P. Scapula (Corse Matin)