Vu dans la presse (Corse-Matin du 16 octobre 2019) ► C’était le thème choisi pour le congrès des Corsican Business Women. Parmi les patronnes présentes, Vanessa Bianconi et Michèle Rossi ont présenté leurs innovations. Deux idées opposées mais une même détermination. A noter également qu'au cours de cette journée, Anne Sophie Cadre a remporté le trophée "Impact environnemental et sociétal" avec son projet innovant MidGard, également accompagné par Inizià.

Quel est le point commun entre une machine à glaçon et une plateforme de santé numérique ? A priori aucun, mais dans les faits, ces deux produits ont été imaginés et commercialisés par des femmes Corses.

Vanessa Bianconi a conçu Capsul Protect, une plateforme de santé numérique qui permet de transmettre les données médicales. Elle inclut une fiche médicale d’urgence qui comprend les informations essentielles telles que le groupe sanguin, les allergies connues, antécédents médicaux ou traitements en cours. Son utilisation est avant tout destinée aux personnels soignants.

Michèle Rossi, quant à elle, a imaginé Kiosk’Ice, un distributeur de glaçon. L’originalité de ce distributeur est qu’il fabrique lui-même les glaçons, et peut être installé en tout endroit grâce à un réservoir d’eau conséquent.

Pour l’une comme pour l’autre, l’idée est venue du quotidien : "J’ai connu de nombreux problèmes de santé, et j’ai une certaine expérience du système. Je me suis vite aperçue qu’il était difficile d’avoir accès au dossier médical complet. Il y a chaque année environ 50 000 morts dues à des erreurs médicales. Ce manque de partage de l’information coûte environ 50 milliards aux collectivités", explique Vanessa Bianconi. Ambiance plus légère du côté de Michèle Rossi, mais la même démarche, celle d’innover en partant d’un constat simple : "Je pars souvent en bateau l’été, et il est toujours difficile de se procurer des glaçons avant de partir. Je me suis alors dit que tout le monde avait déjà rencontré ce problème, celui de trouver des glaçons pour l’apéro. C’est d’autant plus vrai dans les centres urbains. De plus, la plupart des glaçons que l’on trouve dans le commerce ont été transportés. A titre d’illustration, en 2017, ce sont 140 millions de litres de glaçons qui se sont vendus. Et ont été transportés. L’idée était alors d’y avoir facilement accès, et surtout de vendre des glaçons fabriqués sur place, par le distributeur en l’occurrence." détaille pour sa part Michèle Rossi.

Savoir s’entourer


Mais le parcours est long et laborieux de l’idée au produit opérationnel. Et le chemin semé d’embûches, au premier rang desquels, le choix de l’entourage : "Il est très important de savoir s’entourer de personnes compétentes. Il est vrai que les experts sont chers, mais les mauvais conseils le sont encore plus in fine. Il ne faut pas hésiter !" argumente Vanessa Bianconi.

"Le processus de la conception est en effet long et complexe. Je viens du bâtiment, je n’avais donc pas vraiment les connaissances nécessaires pour concevoir ce type de machine. J’ai déposé le brevet en 2014, et ce n’est que cette année que nous avons réussi à sortir un distributeur totalement fiable. Nous avons perdu pas mal de temps, et d’argent, mais nous y voilà. Aujourd’hui nous distribuons des glaçons de 20 grammes, le concept est écocitoyen au sens où il fait économiser plus de 8 000km par an de trajet de livraison, mais aussi car nous utilisons des sachets biodégradables. Le distributeur permet de transformer 380 litres par tranche de 24 heures, et est équipé en sus d’une réserve de 200 litres, ce qui lui confère une bonne autonomie." expose Michèle Rossi.

Autre point commun entre les deux femmes, celui d’être passé par un incubateur de start-up. A Paris au sein de l’incubateur de la Croix Rouge pour Vanessa Bianconi : "Pour des raisons techniques, mon incubateur est à Paris, mais le siège social est à Canavaggia, je fais donc de nombreux allers-retours. Cependant, avec le développement de ce type de prestation en Corse, nous avons effectué une demande auprès d’Inizià." Le même incubateur dont a fait partie Michèle Rossi pendant cinq ans.

Aujourd’hui, les deux produits sont commercialisés et en phase d’expansion : "Nous avons passé un partenariat avec les mutuelles MGEL qui nous distribuent auprès de 135 000 personnes, mais aussi avec des ligues sportives grâce au football, et au parrainage de Steve Mandanda. Au total, 10 000 personnes sont équipées à ce jour, et nous avons en moyenne 300 adhérents supplémentaires par mois", se réjouit Vanessa Bianconi.

"Cet été, nous avons mis en place un partenariat avec Lidl, et installé un distributeur sur le port de l’Amirauté à Ajaccio. Nous avons signé avec d’autres ports de plaisance continentaux, comme Marseille ou le Lavandou", conclut Michèle Rossi. Au-delà des problèmes rencontrés et de l’expérience partagée, ce qu’ont en commun Vanessa Bianconi, Michèle Rossi, et toutes les business women présentes hier à l’Alb’Oru, c’est cette détermination sans faille qui fait la force des femmes.

Par Isabelle Lançon-Paoli — Corse-Matin